Après la Tabaski c’est les odeurs incommodes à Dakar

Après la Tabaski c’est les odeurs incommodes à Dakar

A la Tabaski, nous nous réjouissons en consommant la viande de moutons et d’autres animaux, mais après, les restants des viandes et des parties non comestibles séjournent quelques jours dans les poubelles, y pourrissent et rendent la vie difficile.

La Tabaski, la fête des moutons, nous l’attendions avec impatience.  Pour certains c’est, bien sûr, pour perpétuer le rituel de l’offrande faite par le Prophète Abraham à Dieu. Pour d’autres c’est l’occasion propice pour faire un régime hyperprotéique car la viande est disponible à gogo.

Voici que la Tabaski est déjà passée. Elle a été fêtée comme il se doit ici à Dakar. J’imagine que c’est des centaines de milliers de moutons et bêtes qui ont été égorgés. Les gens se sont bien régalé, en tout cas moi je me suis régalé ; j’ai failli même ne manger que de la viande durant ce jour, je témoigne donc que Tabaski s’est bien passée. Il fallait une journée de plus pour permettre à l’organisme de bien s’occuper de la digestion et voici, heureusement, que la fête est tombé sur un dimanche, donc un lundi chômé disponible pour cela. Mais à côté de cette fête des moutons, il y a la gestion des parties non comestibles du cinquième quartier* et des excédents de la viande servie dans les assiettes qui se sont retrouvés à la poubelle.

Dans les jours qui suivent la Tabaski, c’est le calvaire dans certains quartiers de Dakar car l’air est irrespirable. Les parties non comestibles des viandes se putréfient dans les poubelles à ciel ouvert, certaines se trouvant devant les concessions, d’autres justes aux abords voies publiques ; des odeurs invivables s’y dégageant. J’ai été confronté à ces odeurs ce matin étant dans le bus de transport en commun comme d’habitude. Deux jours après la Tabaski, donc deux jours que les poubelles n’ont été vidées, deux jours que les ordures n’ont pas été ramassées dans les rue de Dakar car les agents en charge du ramassage étaient aussi en Tabaski comme tout le monde. Imaginez l’ampleur de la nuisance au vu de la taille et des types de déchets générés à l’occasion de la Tabaski.

J’avais embarqué allègrement dans le bus, ce matin, en me disant que j’étais épargné de respirer les odeurs infinies de putréfaction des viande et poisson auxquelles on est exposé en passant à côté du marché de Médina (Tilène), sur l’avenue Blaise Diagne. Cette odeur qui annonce l’approche du marché Tilène.  J’ai mis cela en tête car ça fait aussi deux jours que la boucherie de ce marché était inactive à cause de la Tabaski et donc ses poubelles, aux abords de la voies, ont eut de temps de changer d’air. L’air était mieux respirable à Tilène, mais difficile à supporter dans les rues des quartiers traversés avant Médina. Le pire était quand le bus s’arrêtait à côté d’une de ces poubelles soit pour prendre des passagers, soit à cause des embouteillages qui obligent les véhicules à s’arrêter après chaque cinq à dix mètres parcourues ; cela plonge les passagers du bus entièrement dans la source de l’odeur. J’imagine ce que vivent les riverains de ces poubelles, même s’ils sont les responsables.

J’espère que les agents de Entente Cadak-Car* viendront à bout de ses ordures en une journée afin écourter le calvaire des dakarois.

*Cinquième quartier : partie d’un animal abattu constitué de la tête, pieds, queue, peau, graisse, matières fécales, du foie, des poumons, du cœur, la rate, langue, estomac

*Entente Cadak-Car : Structure en charge du ramassage des ordures à Dakar

Par Julien DEMBELE, M.Sc.

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Julien DEMBELE
Julien est un blogueur de nationalité burkinabè, diplômé dans les domaines de la Toxicologie, l'Environnement-Santé, la Nutrition et les Sciences des aliments. J'aime bloguer ; écrire sur les sujets et actualités en rapport avec l'environnement et la santé.

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