Crise d’eau : pourquoi dit-on que nous allons en souffrir ?

Collecting clean drinking water par UK-DFID, via Flickr CC

Collecting clean drinking water par UK-DFID, via Flickr CC

Par-ci, par-là, on signale qu’une zone donnée manque d’eau ou va manquer d’eau dans les horizons futurs. Des constats et prévisions de nature à étonner alors que 70 % de la surface terrestre est recouverte d’eau et certaines de ces zones même sont entourées d’océans.On parle même d’élévation progressive du niveau de la mer.

La crise d’eau est signalée dans plusieurs parties du monde, en Californie aux Etats-Unis, dans le Sud-Est de la France, à Singapour, etc. Il s’ensuit que dans ces différentes localités des mesures sont prises pour favoriser une utilisation optimale de l’eau disponible. Pas facile de s’adapter ! L’eau dont il s’agit ici, c’est l’eau douce qui est destinée à la consommation. Elle ne représenterait que 0,3 % de toute la réserve mondiale d’eau. Sinon ce serait quand même difficile d’admettre les pénuries d’eau potable que connaissent à travers le monde des populations qui côtoient la mer sans pouvoir utiliser son eau pour les besoins immédiats de consommation.

L’eau de la mer, très salée, n’est pas consommable directement. Il faut la désaliniser. Et les techniques de désalinisation, développées et disponibles à ce jour, ont des rendements très faibles. Les procédés demandent beaucoup d’énergie pour une très petite quantité d’eau douce produite, et seuls les pays très riches et disposant suffisamment d’énergie peuvent s’offrir ce privilège. Les pays comme le Koweït, l’Arabie saoudite et Singapour.

Les réserves d’eaux douces sur la planète sont limitées, alors que la population mondiale ne fait que croître. Selon les spécialistes en la matière, l’accroissement de la population fera augmenter la demande mondiale en eau douce de 40 % d’ici à 2030. A cela s’ajoute l’impact des sécheresses occasionnées par le réchauffement climatique. Un phénomène qui entraîne d’énormes pertes d’eau par évaporation.

Entre la moitié et les deux tiers de l’humanité en stress hydrique en 2025

Le manque à gagner d’eau douce va se répercuter sur tous les continents. Conséquence : entre la moitié de l’humanité et les deux tiers seront en situation dite de stress hydrique en 2025, seuil d’alerte retenu par l’Organisation des Nations unies. Alors que les luttes pour réduire le réchauffement climatique sont encore vaines, la question de surpopulation aussi est un point d’interrogation. Nous avons intérêt à investir davantage dans la recherche pour perfectionner les techniques de désalinisation. Sinon nous allons réellement souffrir du manque d’eau. L’eau deviendra plus précieuse que le diamant !

Message de Samantha Tracy, à tous sur la planète, pour lancer la guerre de l’eau

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Par Julien DEMBELE, MSc.

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Julien DEMBELE
Julien est un blogueur de nationalité burkinabè, diplômé dans les domaines de la Toxicologie, l'Environnement-Santé, la Nutrition et les Sciences des aliments. J'aime bloguer ; écrire sur les sujets et actualités en rapport avec l'environnement et la santé.

8 Commentaires

  1. « L’eau c’est la vie », maintenant manque d’eau douce dans les pays pauvres, donc pas de vie dans ces pays!

    Seuls les riches vont survivre grâce à leurs énormes moyens, dont ceux de traitement de l’eau?

  2. Pour le manque d’eau comme pour beaucoup d’autres problèmes environnementaux, le facteur principal est le facteur démographique. Sauf à vouloir à toute force une humanité pauvre et à la limite de la survie (et encore, car elle occuperait néanmoins les espaces des autres espèces et une consommation minimale est toutefois nécessaire), nous ne trouverons aucune solution qui ne passe pas par une baisse de nos effectifs. Tout pacte écologiste suppose un pacte antinataliste disait Michel Tarrier. Il faut absolument faire baisser notre fécondité. Un simple regard à l’évolution récente donne le vertige: Une multiplication par 1 000 (oui !) de nos effectifs au cours des 10 000 dernières années. Une multiplication par 35 depuis Jésus-Christ (soit 80 générations environ), une multiplication par 4 au cours du 20ème siècle et par 2 depuis que l’Homme a marché sur la Lune (il y a 45 ans). Ces ordres de grandeur ne trompent pas. Nous allons vers l’impossible et d’ailleurs dans le même temps nous avons détruit l’essentiel des forêts et la quasi-totalité de la mégafaune. Tant que la question démographique sera taboue, il est inutile de rêver à une efficacité quelconque de nos actions en faveur de la nature. L’humilité de l’humanité est sa seule chance de survie, c’est aussi la seule chance pour le reste du monde vivant.

    1. Merci Didier, pour ces précisions et ton analyse très pertinente. La croissance démographique est malheureusement le premier frein au développement durable, mais aucun des décideurs d’aujourd’hui n’ose s’hasarder dans une position ouverte pour une baisse de la fécondité au niveau mondial, à l’exception de ce qui a été fait localement par exemple au Japon. Je crois que c’est un défis pour nous et nous devons mener un combat dur dans ce sens.

  3. « Nous avons intérêt à investir davantage dans la recherche pour perfectionner les techniques de désalinisation.» En effet, car actuellement le grand pays quasiment le plus en pointe sur cette question, à savoir l’Arabie Saoudite, utilise 350.000 barils* de pétrole par jour pour le dessalement de l’eau de mer, et elle ne possède néanmoins que 3 jours de réserve d’eau !
    La solution à cette question de l’eau douce, comme d’ailleurs aux nombreuses autres questions d’approvisionnement (énergie, alimentation,…) passe par une démographie plus modeste…
    *Elle produit 10 millions de barils par jour et donc 3,5% de sa production y passe…

  4. Il y a un seul moyen. Pour empêcher que la terre soit envahie, par les océans. C’est utiliser l’eau, en dessalant la mer. Cette eau pourrait servir, pour l’agriculture le nettoyage surtout, car difficile à boire, par certaine personne. L’homme est capable d’aller sur la lune, d’inventer internet, de faire des bébés éprouvettes, mais incapable, d’endiguer une catastrophe, pourtant prévisible et sous forme latente. C’est à ne rien comprendre.

    1. Merci pour pour ce commentaire.
      Ce que vous avez souligné est clair ; il doit y avoir un manque de volonté à investir pour perfectionner les techniques de désalinisation, sinon il y a tout à croire que ce n’est pas impossible à la recherche.

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