Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac ZIDA, le moindre mal qui était indispensable

Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac ZIDA /Crédit photo : Amelie GUE

Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac ZIDA /Crédit photo : Amelie GUE

A la suite de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a provoqué la démission de Blaise Compaoré du pouvoir et donc la vacance du pouvoir au Burkina Faso, la classe politique et la société civile n’est pas encore parvenu, même une semaine après, à désigner un président consensuel pour la transition en remplacement du Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac ZIDA. Il y a de quoi justifier que le Lieutenant-Colonel est l’homme qu’il fallait en ces moments.

A la lecture du déroulement des tractations entres parties vainqueurs, pour former l’organe de transition, je trouve qu’il n’y avait pas mieux que faire recours au Lieutenant-Colonel YIZ pour coordonner le processus, pour accompagner les Burkinabè à digérer dans le calme et ainsi faire éviter au pays des hommes intègres le « syndrome post-long pouvoir égoïste ». Même s’il est jugé par certains comme trop proche de Blaise Compaoré, vu qu’il est le numéro 2 de la garde présidentielle, il reste quand même le seul proche dont la présence était moins nuisible aux côtés  d’un peuple qui était prêt à déverser sa colère emmagasinée durant 27 ans ; il était le moindre mal.

Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac ZIDA dans la foule à la place de la Révolution par Thomas Leger via Flickr CC

Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac ZIDA dans la foule à la place de la Révolution par Thomas Leger via Flickr CC

Le Lieutenant Colonel YIZ était le moindre mal indispensable car c’est lui qui a réussi ramener le calme en suspendant la constitution, devenant ainsi le premier du corps militaire à prendre officiellement ses distances de Blaise Compaoré, si on peut le dire ainsi, chose que le Général Nabéré Honoré Traoré, premier responsable de l’armée en l’absence du Président du Faso, n’a pas osé faire. Le Lieutenant-Colonel YIZ était indispensable car l’opposition, la société civil et toute la classe sociale qui ont été agréablement surpris du résultat de leur mobilisation, avait besoin de plus de temps pour mieux s’enquérir de la situation et s’approprier la responsabilité de sa gestion.

Le Lieutenant-Colonel YIZ était indispensable car il ne faut pas oublier que ceux qui ont chassé Blaise Compaoré du pouvoir ne nourrissent pas en réalité la même REINE comme le font les fourmis ; chaque segment ici a sa propre REINE à engraisser. Il y avait donc nécessité qu’il y’ait quelqu’un d’extérieur au groupe vainqueur et dont le pouvoir surpasse celui que chacun des leaders commençait s’imaginer à la suite de la victoire écrasante face au Congrès pour la Démocratie et le Progrès et ses sympathisants, pour arbitrer le partage du butin. Sans le Lieutenant-Colonel YIZ, le partage du gâteau créerait, j’en suis sûr,  plus de chaos que ce que celui  que Blaise Compaoré  a fait planer sur le pays. Il a fallu le Lieutenant-Colonel YIZ pour empêcher toute décision prématurée et sans bonne concertation entre parties vainqueurs, décision qui ne résoudrait pas certainement et efficacement les problèmes.

Le lieutenant-Colonel YIZ était indispensable car il fallait donner du temps au « médecin après la mort », la communauté internationale et ses démembrements, de rattraper leur manque d’action. Soyons-en sûr que si nous avions réussi à remettre le Burkina Faso sur de bons rails sans l’intervention de la communauté internationale, sans qu’elle eu l’occasion de montrer qu’elle est indispensable dans le retour de la stabilité, alors nous serions amenés à enregistrer des accidents sur ces rails par la suite.

Je salue la clairvoyance de ceux qui ont été les premiers à faire confiance au Lieutenant-Colonel YIZ et à lui confier les destinées des Hommes intègres en ces moments cruciaux. Même s’il est jugé trop proche de Blaise, je n’ai nul doute qu’il a bien assimilé les leçons qui se dégagent de 27 ans de règne sans partage. Un adage dit « les moutons se suivent mais n’ont pas le même prix » ; le Lieutenant-Colonel YIZ s’est montré jusqu’aujourd’hui comme un homme d’écoute et de dialogue, non assoiffé de pouvoir, sans désaccord avec la volonté du peuple, alors, que les tractations prennent le temps qu’il faut afin que le résultat en sortira soit du goût de la majorité du peuple. Toutefois il y a lieu d’aller vite avant Blaise Compaoré n’ait eu le temps de bien s’installer et de revenir s’immiscer dans le débat, car son ombre plane encore.

Vive le peuple burkinabè ! La Patrie ou la mort nous vaincrons !

Par Julien DEMBELE, M.Sc.

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Julien DEMBELE
Julien est un blogueur de nationalité burkinabè, diplômé dans les domaines de la Toxicologie, l'Environnement-Santé, la Nutrition et les Sciences des aliments. J'aime bloguer ; écrire sur les sujets et actualités en rapport avec l'environnement et la santé.

2 Commentaires

  1. Ce monsieur montre vraiment qu’il est un homme de parole, il a effectivement laissé le pouvoir aux civils. Sa reconduite en tant que premier ministre vient couronner le tout, car avec lui je crois qu’il y aura un grand nettoyage des résidus du régime Blaise Compaoré!

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