Protéger la couche d’ozone : le faire semblant des autorités

Le mardi 16 septembre 2014 a été célébrée la Journée internationale de la protection de la couche d’ozone. Comme à l’accoutumée, dans beaucoup de pays africains, les autorités n’ont pas manqué d’afficher leur attachement à cette noble lutte. La Journée a été commémorée et les engagements renouvelés. Mais il y a de quoi douter de la sincérité de ces engagements, au regard de ce qui est constaté sur le terrain.

Il a été démontré que les émissions de certains gaz comme le CO2, le méthane, les gaz réfrigérants (HCFC), sont responsables de la destruction de la couche d’ozone. Alors, des politiques ont été élaborées afin d’empêcher ces émissions. Les autorités politiques doivent être les premières à inciter la population au respect des mesures prises. Cependant, elles font souvent des actions contraires à l’exemple à donner. Je prends le cas des drogues et médicaments illicites saisis et brûlés, devant les caméras, puis on inonde nos écrans avec. Elles appellent cela « incinération », alors qu’ « incinérer » c’est tout autre chose. L’incinération se fait à l’aide d’un appareil appelé incinérateur, il permet de réduire une substance en cendre sans dégagement de fumée. Cette action des autorités ne peut être qualifiée au mieux que de brûlage à l’air libre. On sait bien que cette combustion est incomplète. La fumée qu’elle dégage peut contenir des gaz à effet de serre, comme le CO2 par exemple, destructeurs de la couche d’ozone. Dieu seul sait la composition en gaz de la fumée issue du brûlage à l’air libre effectué par nos autorités. Elles ont pensé avoir ainsi réglé un problème alors qu’elles contribuent à la création d’un autre.

 Déplacer le problème

Il n’y a aucune mesure ni en amont ni en en aval pour vérifier les compositions de ce qu’on brûle et de ce qui en sort, donc aucune attention aux éventuels dégâts occasionnés. On oublie même qu’on a voté des lois qui interdisent ce genre d’acte.  J’ai un peu la certitude que dans la plupart des Codes de l’environnement des pays, le brûlage à l’air libre est interdit. La seule chose qui prévaut pendant ces moments, c’est la réussite de la cérémonie de commémoration de la lutte contre la drogue. Des incinérateurs ce n’est pas impossible à acheter, même un seul pour ce genre cérémonies, mais quand va-t-on songer à cela ? Voilà même qu’au  Sénégal, les riverains d’un site de brûlage se sont plaints de l’indisposition causée par les fumées des soi-disant incinérations de drogues, et la première des choses auxquelles les autorités ont pensé c’est de réfléchir pour trouver un autre site, c’est-à-dire simplement déplacer le problème ou faire semblant de le résoudre.

cérémonie officielle d'incinération de drogue au Niger. Crédit photo : Hassoumi

Cérémonie officielle d’incinération de drogue au Niger. Crédit photo : Hassoumi

Ce qui me touche réellement dans ça, c’est qu’on trouvera de grands hommes de science faisant aussi partie de ce lot de gens qui vont à leur « rituelle de prise de drogue » au lieu de cérémonie d’incinération de drogue.

Les Occidentaux jettent leurs vieux appareils, et nous sommes preneurs

Les exemples démontrant que les autorités ne font que faire semblant ne manquent pas. Dans la lutte contre la circulation entre les frontières des substances reconnues destructrices de l’ozone, intéressons-nous au cas précis des gaz utilisés comme fluides frigorigènes, les HCFC. Ces gaz sont contenus dans certains réfrigérateurs, congélateurs, climatiseurs, etc. d’ancienne fabrication. Et quand les Occidentaux rejettent ces appareils, nous sommes preneurs, sans oublier que ces appareils qui agonisent vont bientôt se retrouver définitivement à la poubelle. Il y a donc risque que les gaz qu’ils contiennent se répandent dans l’environnement. Ce problème est loin d’être résolu, car on se contente d’attendre la commémoration de la journée de l’ozone pour rappeler que des moyens seront bientôt consacrés à cette question.

On parle d’agents des douanes formés sur le contrôle des mouvements de substances interdites. Ces formations sont-elles suffisantes ? Moi j’en doute surtout qu’elles se déroulent sur des cycles courts, durant deux ou trois jours. On sait bien que les agents des douanes ont été formés surtout pour le contrôle fiscal. Comment peut-on vouloir que l’agent de la douane, en plus du contrôle fiscal, fasse du contrôle qualité alors qu’il n’est pas même pas doté des moyens techniques nécessaires ?

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Par Julien DEMBELE, MSc.

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Julien DEMBELE
Julien est un blogueur de nationalité burkinabè, diplômé dans les domaines de la Toxicologie, l'Environnement-Santé, la Nutrition et les Sciences des aliments. J'aime bloguer ; écrire sur les sujets et actualités en rapport avec l'environnement et la santé.

4 Commentaires

  1. Tu sais Julien, en relisant ton billet, j’ai repensé aux épaisses fumées rejetées toxiques dans la nature dans mon pays le Cameroun. J’ai surtout pensé aux mesures que le gouvernement tentent de prendre. Chaque année, il y a de nouvelles mesures, pas d’actes. Tu as vraiment raison: « Protéger la couche d’ozone : le faire semblant des autorités ». Beau billet

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